Dans le feu vermeil des arènes et la lumière intacte des patios andalous, un nom s'élève — celui de Jean Cocteau. Poète, cinéaste, peintre de rêves, il trouve dans l'Andalousie non un simple décor de voyage, mais un miroir où s'éclaire une part de son âme.
Christian Soleil nous guide, pas à pas, vers cette « autre Espagne » où Cocteau perçoit l'écho du mythe, du rituel, de la métamorphose. Séville, Grenade, Cordoue se peuplent pour lui de mantilles blanches, de taureaux flamboyants, de chants de flamenco chargés de duende : cette tension tragique et vivante qui, rappelle-t-on, hante ses œuvres depuis longtemps.
Ce livre n'est pas un simple itinéraire littéraire : il est un frémissement, une quête. Cocteau y voit dans la tauromachie « un art sacré, un rituel » et dans l'Andalousie une sorte de centrale électrique intérieure où le temps se déforme, où l'artiste s'éprouve.
Entre héritage et transgression, Soleil nous montre comment Cocteau absorbe et transforme — pigment et sang mêlés — les géographies andalouses, pour en faire les bassins sensibles d'une pensée de l'altérité, de la frontière, de la lumière qui traverse l'ombre.
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